Décision de justice contre la forêt et les autochtones en Papouasie
Indonésie : Cinq Papous autochtones ont intenté un procès contre la construction d’‘une route de 135 kilomètres traversant leur territoire, où, avec l’‘intervention de l’‘armée, 2,7 millions d’‘hectares de forêt et de terres cèdent la place à des plantations de canne à sucre, de riz et d’‘huile de palme. Le tribunal de Jayapura vient de rejeter leur plainte.
Cinq membres de la communauté indigène des Marind de Papouasie du Sud — Simon Petrus Balagaize, Sinta Gebze, Liborius Kodai Moiwend, Kanisius Dagil et Andreas Mahuze — ont déposé une plainte en mars contre la construction d’une route de 135 kilomètres traversant leurs terres ancestrales. À présent, le tribunal administratif de Jayapura (PTUN Jayapura) a rejeté cette plainte.
Mobilisez-vous aux côtés des Marind autochtones contre la destruction brutale de 2,7 millions d’hectares de forêt et signez la pétition « Papouasie : halte aux coupes rases dans la forêt des indigènes marind ! »
Simon Petrus Balagaize se dit profondément déçu : « Que ce soit par le biais d’une plainte ou au vu des faits sur place, la loi n’est pas de notre côté, à nous les autochtones. »
Tigor Hutapea, avocat de notre organisation partenaire Pusaka Bentala Rakyat, estime que cette décision est injuste : « Les juges n’ont tenu compte d’aucune preuve, ni des témoignages ni des expertises, qui démontrent que la construction de cette route porte atteinte à de nombreux droits de la population autochtone. »
Le Gouvernement indonésien construit la route pour le projet agroalimentaire et énergétique dans le sud de la Papouasie (PSN Merauke). Ici, 2,7 millions d’hectares de terres et de forêts sont détruits pour des rizières, des plantations de canne à sucre et de palmiers à huile.
Il s’agit du plus grand projet de déforestation au monde, avec une implication militaire d’une ampleur sans précédent.
Bien que l’autorisation environnementale n’ait été délivrée qu’en septembre 2025, les travaux de déboisement et de construction routière avaient déjà commencé en août 2024, sans que la procédure obligatoire de consentement libre, préalable et éclairé (FPIC) ait été respectée. Certains clans des Marind ont protesté, érigé des barrages ou planté des croix rouges. Leur opposition est toutefois ignorée.
- 5 mars 2026 : cinq représentants des Marind déposent une plainte auprès du tribunal administratif de Jayapura contre le permis environnemental délivré pour la construction de la route.
- Juin 2026 : la procédure entre dans la phase d’instruction. Les plaignants demandent que les travaux de construction soient suspendus jusqu’à ce qu’une décision judiciaire soit rendue.
- 9 juin 2026 : la juge présidant l’audience, Merna Chintia, ordonne l’arrêt des travaux de construction routière. Cette décision n’est pas respectée.
- Juillet 2026 : de nombreux témoins sont entendus, tant des personnes concernées que le régent de Merauke et le ministre de la Défense. Ce dernier qualifie la participation de l’armée à la construction de la route « d’opération militaire en dehors d’un contexte de guerre »
- 18 septembre 2026 : le tribunal administratif de Jayapura rejette la plainte.
La construction de routes a des répercussions directes sur les Marind. Elle a détruit leur forêt traditionnelle et les a ainsi privés de leurs moyens de subsistance. Il fait désormais plus chaud et il y a davantage de poussière ; l’eau n’est plus potable. De plus, les populations autochtones sont victimes d’intimidations de la part de l’armée.
Malgré sa déception, Simon Balagaize déclare : « Nous continuerons à défendre nos territoires ancestraux. Nous sommes convaincus que la vérité est de notre côté. »
Rapport d’expertise sur les violations des droits de l’homme :
Pusaka 2026, 98 pages, en anglais.
Les entreprises spécialisées dans la canne à sucre, l’huile de palme et le bois jouissent d’une liberté totale.
C’est la principale cause des violations des droits humains dont sont victimes les communautés autochtones.
Ces entreprises ne s’intéressent qu’à l’acquisition de terres.
Elles manipulent les systèmes traditionnels de propriété et d’utilisation des terres.
Elles répriment la résistance des autochtones avec l’aide de l’armée et de la police, qui protègent leurs activités.
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