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Un groupe d’autochtones proteste dans une rue de la ville de Belém. Ils portent une bannière portant l’inscription : « Les peuples Tembé et Quilombola de la vallée de l’Acará crient. BBF nous tue. BBF hors de notre territoire »
Les indigènes du peuple Tembé manifestent à Belém contre la violence et l’accaparement des terres par la compagnie d’huile de palme Brasil Biofuels / BBF (© Movemento IRQ)
Deux femmes derrière une haute porte grillagée sont contrôlées par un garde de la société Agropalma. Le panneau de l’entreprise porte l’inscription : "Agropalma. Contrôle de l’accès au cimetière Nossa Senhora da Batalha. Propriété privée"
La société Agropalma bloque et contrôle les mouvements de la population, même pour aller au cimetière (© Avispa Mídia)
Un groupe de personnes lors d’une réunion dans une cabane ouverte
Des activistes de Sauvons la forêt, CIMI, FASE et WRM rendent visite à une communauté pour discuter de la situation des droits humains dans la vallée d’Acará, État du Pará, Brésil (© Maia Schenck)

Pétition terminée
« Ils exportent notre sang » : SOS des autochtones face à l’industrie de l’huile de palme au Brésil

73 186 signatures

Brasil Biofuels (BBF) semble avoir engagé une procédure de protection contre ses créanciers en raison de difficultés financières. Les plantations de palmiers à huile de BBF dans l'État du Pará ont été largement occupées par des communautés locales.

À l’est de l’Amazonie brésilienne, les populations locales accusent les producteurs d’huile de palme de s’être appropriés de grandes surfaces de terres pour leurs plantations. Elles demandent aux autorités nationales la restitution de leurs terres ancestrales et la protection contre les violences graves et récurrentes. Soutenons-les !

Appel

À : Président, Ministère des Peuples autochtones, Fondation nationale pour l’Indien (FUNAI), Institut national de la colonisation et de la réforme agraire (INCRA) et Conseil national des droits de l'homme de la République fédérative du Brésil

« L’État brésilien doit assumer ses obligations constitutionnelles envers les autochtones, dont la reconnaissance de leurs droits fonciers et la sécurité. »

Afficher la lettre de pétition

La vallée d’Acará, dans l’État du Pará, est le centre de l'industrie de l’huile de palme en pleine expansion au Brésil. Des activistes de Sauvons la forêt ont visité cette région à l'est de l’Amazonie et rencontré les communautés avec lesquelles un plan d’aide a été convenu.

Sur place, les peuples indigènes Tembé et Turiwara, ainsi que des quilombolas (descendants d’esclaves originaires d’Afrique) vivent coincés au milieu des plantations de palmiers à huile et sont harcelés. Réunis au sein du mouvement IRQ (Indigènes, Riberinho et Quilombolas), ils se disent victimes d’accaparement des terres, de déplacements forcés et de nombreuses violences.

« Agropalma et BBF n’exportent pas de l’huile de palme, ils exportent notre sang », ont déclaré les représentants indigènes à plusieurs reprises.

Les plus grands exploitants de plantations d’huile de palme sont les sociétés Agropalma et Brasil Biofuels (BBF), qui contrôlent à elles seules un territoire de 2 400 km2, soit plus de 20 fois la superficie de Paris.

Cependant, une grande partie des zones forestières provient manifestement de l'appropriation de terres ancestrales de communautés indigènes et quilombolas. Les tribunaux ont ainsi jugé illégaux et annulé des titres fonciers d’Agropalma, portant sur des centaines de km2. Mais les terres n’ont toujours pas été restituées.

Les communautés locales continuent à subir d’importantes pressions et persécutions, de fortes restrictions dans leur liberté de mouvement et mode de vie. Violences, menaces de mort, humiliations, racisme et criminalisation sont monnaie courante dans la région et plusieurs personnes ont déjà été gravement blessées ou tuées.

Les services de sécurité privés armés des entreprises, la police locale et les bandes criminelles seraient à l’origine de ces actes. Les sociétés rejettent toutes les accusations et continuent de revendiquer les terres.

Tembé et quilombolas dénoncent la violence structurelle et demandent la restitution de leurs territoires ancestraux. Ils appellent à l’aide et à la solidarité de la communauté internationale.

Soutenons-les !

Contexte

En raison des conflits et de la violence rapportés de la vallée d’Acará, des activistes de Sauvons la forêt et des organisations CIMI, FASE et World Rainforest Movement (WRM) se sont rendus sur place en août 2023. Ensemble, nous avons rencontré les membres des communautés affectées avec qui un plan d’aide a été convenu. 

La première chose que l’on nous a dite à notre arrivée fut : « Il n’y a qu’une seule alternative : partir ou résister. »


Informations supplémentaires

En français

En anglais

En espagnol

Avispa Midia est une organisation partenaire de Sauvons la forêt.

En portugais


Destinataires de la pétition

En plus de signer la pétition, il vous est possible de contacter directement ses destinataires :

  • M. Luiz Inácio Lula da Silva, Président
  • Ministère des Peuples autochtones
  • Fondation nationale pour l’Indien (FUNAI)
  • Institut national de la colonisation et de la réforme agraire (INCRA)
  • Conseil national des droits de l’homme 

de la République fédérative du Brésil

Ambassade du Brésil en France
34, cours Albert 1er
75008 Paris
Tel : +33 (0)1 45 61 63 00
Courriel : brasemb.paris@itamaraty.gov.br

Lettre

À : Président, Ministère des Peuples autochtones, Fondation nationale pour l’Indien (FUNAI), Institut national de la colonisation et de la réforme agraire (INCRA) et Conseil national des droits de l'homme de la République fédérative du Brésil

Monsieur le Président,
Madame, Monsieur,

Le Conseil national des droits de l’homme (recommandation  n° 16 du 8 août 2023)* et la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme au Brésil (avril 2024)** s’accordent à dire que le gouvernement brésilien doit agir de toute urgence pour lutter contre l’escalade actuelle des conflits, de la violence et des atteintes faites aux communautés indigènes et traditionnelles.

La principale cause de la violence structurelle à l’encontre des communautés autochtones et quilombolas est l’absence de reconnaissance et de délimitation de leurs territoires ancestraux, dont l’État brésilien porte l’entière responsabilité.

Dans le nord-est de l’État du Pará, de vastes étendues de terres sont aux mains d’entreprises d’huile de palme. Celles-ci bénéficient du soutien total de l’État brésilien, manifestement peu soucieux des graves conséquences sociales et environnementales de l’accaparement des terres par l’industrie de l’huile de palme, ni de la déforestation et de la pollution causées par les plantations de palmiers à huile.

Alors que deux sociétés, Brasil Biofuels (BBF) et Agropalma, occupent à elles seules une zone de plus de 240 000 hectares, les territoires indigènes officiellement délimités par l’État brésilien dans la région s’étendent sur une superficie de seulement 147 hectares : la terre Turê-Mariquita du peuple Tembé est la plus petite zone indigène officiellement délimitée au Brésil.

Il en résulte d’importants dégâts et conflits socio-environnementaux complexes, avec des morts et de graves conséquences pour la population. Les plaintes et rapports successifs déposés par les communautés indigènes auprès des autorités compétentes sont restés jusqu’à présent en grande partie vains.

Les communautés Tembé, Turiwara et quilombola ont besoin non seulement de la reconnaissance et de la démarcation de leurs territoires, qui leur reviennent de droit, dans les plus brefs délais, mais également de la protection de l’État brésilien contre les violences et les violations des droits humains.

« Agropalma et BBF n’exportent pas de l’huile de palme, ils exportent notre sang », ont déclaré les représentants à plusieurs reprises. Les forces de sécurité armées des entreprises d’huile de palme doivent être retirées, les employés et les partenaires commerciaux de BBF et d’Agropalma doivent se conformer à la loi et ne doivent en aucun cas compromettre davantage la sécurité et les droits des communautés locales.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, Madame, Monsieur, l’expression de notre profond respect.

* CONSELHO NACIONAL DOS DIREITOS HUMANOS, RECOMENDAÇÃO Nº 16, DE 08 DE AGOSTO DE 2023 : https://www.gov.br/participamaisbrasil/blob/baixar/28956

**  Ministério dos Direitos Humanos e da Cidadania, 19.4.2024. Relatora da ONU exalta empenho do governo federal na proteção de defensores de direitos humanos : https://www.gov.br/mdh/pt-br/assuntos/noticias/2024/abril/relatora-da-onu-exalta-empenho-do-governo-federal-na-protecao-de-defensores-de-direitos-humanos

  1. Voir notre pétition "Agropalma : c’est ça le champion de l’huile de palme durable en Amazonie ?"

  2. Voir notre article  "Sommet pour l’Amazonie : la violence au cœur des préoccupations des autochtones"

Cette pétition est également disponible en :

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